Diani Beach : deux mondes parallèles

Cet article fait partie d’une série que j’ai écrite en 2007 lors d’un séjour de 5 mois au Kenya.

Diani Beach est la station balnéaire du sud Kenya, et son fonctionnement est un peu particulier.

En effet, sur une carte, deux zones d’habitation distinctes sont visibles à cet endroit : d’une part Diani, étendue le long de la plage, et d’autre part la ville d’Ukunda à 1,5 km de la côte et parallèle à Diani. Mais ces deux mondes ne sont pas parallèles que sur la carte.

Diani est en fait constitué d’une succession d’hôtels, de maisons à louer pour les vacances, de restaurants et de commerces. Ces hôtels et ces commerces appartiennent en majorité à des « White kenyans » d’origines variées : britanniques, italiens, indiens… Ils habitent ici depuis des années. Les commerces et restaurants ressemblent d’ailleurs beaucoup à ceux de l’Occident et sont bien trop chers pour les autochtones.

Ainsi, à Diani, les propriétaires sont Blancs, les touristes et les consommateurs sont Blancs (je fais partie de ceux-là), et les seuls Noirs sont les gardiens, les cuisiniers, les serveurs et les maçons qui construisent ces bâtiments.

Parallèlement à Diani, la ville d’Ukunda a un tout autre visage. Ici, tout le monde est Noir, à part moi quand j’y suis et quelques rares Blancs qui y passent de temps à autre.

Les commerces sont principalement des cabanes disposées le long de la route, les prix y sont 2 à 3 fois moins élevés qu’à Diani. La ville grouille de vie et de passage. Bref, si Ukunda c’est l’Afrique, alors Diani c’est un bout d’Europe déposé en Afrique.

Les touristes passant leurs vacances à Diani sont donc dans un « monde parallèle », pas du tout en relation directe avec le monde réel… J’ai même envie de dire, en exagérant un peu, que Diani serait un bout d’Afrique annexé par les Européens et remodelé à leur goût afin qu’ils puissent passer leurs vacances dans un cadre naturel magnifique sans être pour autant trop dépaysés.

Mais certains Kenyans voient cela différemment et considèrent plutôt ces White kenyans comme des embaucheurs qui donnent du travail aux habitants d’Ukunda, dont beaucoup sont au chômage.


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