Un garde-manger à l'extérieur, accessible de l'intérieur, pour remplacer le frigo en hiver

ˬ˯vᐯ˅ˇ  ⌣   ᘁ᥎ᨆ⏝ࡍ⩗ᨆ⌣˘ˬ᥎ᐯᨆ⌣ᘁ⩗ᨆࡍ˯

Ce message est issu de Mésange, ma lettre éphémère que j’envoie chaque dimanche, d’octobre 2022 à mars 2023. < Précédent | Suivant >

Je crois que c’est vers 1998 que j’ai découvert “le frigo du désert”, dans le premier numéro de Jonas, un magazine d’écologie. Il n’y a eu qu’un seul numéro.

L’urgence écologique était déjà connue depuis longtemps, mais apparemment, c’était encore trop tôt pour en faire un magazine. Et, aussi vite qu’il est apparu, pouf, Jonas a disparu. Dommage, j’avais vraiment bien aimé ce premier numéro !

Aujourd’hui, les magazines d’écologie pullulent, et le frigo du désert est devenu un classique1.

Le principe ? Grâce à l’évaporation de l’eau contenue entre deux récipients en céramique, l’intérieur du plus petit récipient est maintenu au frais.

Cette histoire à travers ma voix (5:30 min)

Pour ces premiers épisodes de podcast, je me suis fixé une règle : je les publie sans coupures, sans retouches, y compris avec mes hésitations et mes erreurs. C’est brut, comme si vous étiez avec moi !

clic-droit sur la barre pour télécharger le mp3 | voir tous les podcasts

Le frigo du désert

Inspiré par la lecture de Jonas, j’avais essayé d’adapter le concept.

J’avais imaginé une sorte de glacière en céramique en forme de coupole, qu’on soulèverait pour prendre ou poser des aliments au frais.

Pour que cette coupole soit toujours humide, j’avais imaginé un réservoir d’eau intégré sur le haut. J’avais ensuite fabriqué ce premier frigo, tout petit, en argile.

Très enthousiasmé, j’avais préparé un feu de joie dans le jardin pour la faire cuire. Ma glacière, en cuisant, s’est brisée. Je n’ai jamais pu la tester.

Le garde-manger à l’extérieur

Mais hier, pour me rattraper, j’ai fabriqué mon deuxième frigo ! Pour Paññā, notre tiny house lab.

Ce n’est pas un frigo du désert, c’est un frigo des zones tempérées. C’est tellement simple, en fait, que le mot frigo n’est probablement pas adapté ! Disons que c’est un garde-manger. Un espace de stockage à l’extérieur de la tiny house, mais qui est accessible depuis l’intérieur2.

Le garde-manger de Paññā, ce sont des étagères en bois, derrière une fenêtre.

Comme les étagères ne font que 20 cm de profondeur, on voit tout. Pas de risque de laisser s’abîmer des aliments, et pas besoin d’installer une lampe à l’intérieur.

Ce garde-manger se situe dans la “colonne froide” de Paññā, c’est-à-dire l’angle Nord-Est, protégé du Soleil.

Cette colonne contient la descente de gouttière, un espace pour accueillir une future citerne d’eau de pluie, et le garde-manger.

La porte de la colonne froide, coté Nord, est à clairevoie pour permettre à l’air de circuler, mais avec des coupes en biseau pour empêcher la pluie de passer.

Une grille amovible protège le garde-manger des petits animaux gourmands.

Photo montrant le garde-manger de l'extérieur, quand la porte de la colonne froide est ouverte. Une grille protège le garde-manger des animaux.

En ouvrant la grille, on peut remplir le garde-manger, ou le nettoyer, par l’extérieur.

Photo montrant le garde-manger de l'extérieur, quand la porte de la colonne froide est ouverte. La grille a été ôtée pour accéder au garde-manger.

Et alors, il marche ce frigo ?

Ces jours-ci, il fait 10-15°C à l’extérieur, et quasiment la même température dans le garde-manger, à un degré près. Même en chauffant Paññā à 25°C hier soir, je n’ai pas réussi à réchauffer le frigo. Donc ça marche pas mal !

Alors c’est sûr, ce n’est pas un frigo qui va maintenir la température à 4°C tout le temps. Ici, ça va varier, en fonction de la météo. C’est une autre façon de s’organiser.

Et quand il gèle dehors ?

L’hiver dernier, ici en Bourgogne, j’avais remarqué que certains endroits gèlent bien plus tard que d’autres. Ce sont les lieux qui ne font pas directement face à la voûte céleste, comme sous un arbre ; ou qui reçoivent les radiations d’un objet, comme proche d’un mur.

Ce garde-manger n’est pas directement sous la voûte céleste, et il profite aussi des fuites de chaleur de la tiny, il devrait ainsi être protégé du gel.

Mais j’ai quand même pensé à deux options complémentaires à tester lorsque l’hiver sera bien installé :

  • Ajouter une sorte d’isolant contre la grille pour protéger le garde-manger des grands froids.
  • Ajouter des éléments dans le garde-manger, ou autour, comme des briques, pour augmenter l’inertie thermique.

Et en été ?

Pour l’été, l’objectif change. Il s’agit de maintenir une température plus basse dans le garde-manger que dehors. Cela demande donc des adaptations.

Pour cela, j’ai deux trois idées à tester, mais je m’en occuperai au printemps !

Et pour finir, la touche bucolique…!

Il y a tout de même une stratégie qui pourrait fonctionner à la fois en hiver et en été, et qui vaut donc le coup d’être testée dès maintenant : la mousse !

En hiver, sur les arbres, la mousse protège le tronc du froid comme une couverture. En été, elle le rafraichit, grâce à l’évaporation, comme dans le frigo du désert.

Je viens donc de taguer la porte de la colonne froide avec un graffiti végétal à base de mousse3. Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai hâte de voir comment ça va pousser…


  1. Le low-tech lab, par exemple, propose un tutoriel pour fabriquer un frigo du désert.

  1. Le low-tech lab propose un autre tutoriel sur le garde-manger. Il détaille notamment 4 ambiances adaptées à différents types d’aliments.

  1. J’ai fait un mélange à base de mousse végétale récoltée sur le noyer juste à côté de Paññā. Lorsque le mélange est un peu crémeux, il est facile à passer au pinceau. La mousse devrait se mettre à pousser dans les semaines qui viennent si j’arrive à maintenir le mur un peu humide. Voici par exemple une recette et plus d’explications.



Vous souhaitez suivre mes explorations ?

Chaque dimanche, j’envoie Mésange.

Mésange est une newsletter éphémère, une série de 26 lettres, que j’écris d’octobre 2022 à mars 2023.

Chaque lettre est une histoire courte de 5-10 min de lecture, où je raconte l’une de mes explorations sur la permaculture, la nature, l’artisanat, l’autonomie, la psychologie, la philosophie, les mystères de la vie… J’écris méticuleusement chaque histoire pour vous offrir inspiration, joie, sagesse !

Quelle sera l’histoire de dimanche prochain ? Je vous invite à vous inscrire à ma newsletter ci-dessous pour la découvrir… ;-)

Lettre gratuite, tous les dimanches, 150+ abonnées et abonnés, désabonnement en 2 clics. Bien sûr, je ne partage pas votre adresse email. Vous pouvez jeter un œil à mes anciennes newsletters avant de vous inscrire.

Lénaïc Pardon
Lénaïc Pardon

Je suis une sorte de chercheur-epxlorateur. Je suis français, introverti et hypersensible. Je donne beaucoup de valeur à la liberté, la créativité et l’altruisme. Je suis curieux sur à peu près tout, mais j’ai une préférence pour les sujets autour de la sobriété volontaire : permaculture, nature, artisanat, autonomie, philosophie, les mystères de la vie… Plus de détails sur mon travail et ma trajectoire >